Dire qu’il est photographe animalier est une facilité. C’est un pur et ses photos sont touchées par la grâce… minimalistes dans la tradition des haiku japonais, elles montrent sans bavarder les créatures de la nature hivernale dans les retranchements où l’homme prédateur ne va pas.
Elles font naître une irrépressible envie de retourner vers la beauté de la nature des temps d’avant et donc une mélancolie … mais la beauté est là.
Pour connaître mieux son oeuvre, une vidéo sur ‘l’éternel émerveillé’
Kepler, humaniste érudit et mathématicien génial du XVIIè s. marchait sur un pont de Prague sous un blizzard hivernal, cherchant désespérément une idée de cadeau pour son protecteur qui aimait le ‘Rien’, quand il vit soudain un magnifique flocon sur sa manche … cette rencontre fut le début de ses découvertes sur la structure hexagonale, langage géométrique de base de bien des structures du vivant et la découverte des polyèdres réguliers …
‘ Nix ‘ = ‘neige‘ en latin … ‘rien‘ en allemand !
une émission ou le merveilleux va de pair avec le scientifique, toujours rigoureux mais accessible, dans le pur style envoûtant de ce conteur inimitable …
Essai de cyanotype à gauche, à partir de l’image de droite. Insolation longue sous un soleil hivernal (cyanotypes de Noël ), à refaire sous un soleil plus généreux
Voir aussi sur le portail scientifique Persee.fr à propos de la traduction du livre de Kepler, l’étrenne ou la neige sexangulaire.
… “La nuit, ils dorment d’un long sommeil d’enfants et leurs songes eux-mêmes ne te trahissent pas. Ils te voient en rêve et, mieux que pendant la veille, ils volent. Par leur fenêtre grande ouverte ton silence entre librement, et rien ne bouge dans ton empire inaccessible au vent, sinon le feu palpitant des étoiles. Ils dorment, oubliant pour quelques heures la passion qu’ils te vouent, et c’est toi quelquefois qui, jalouse de les rejoindre, descends effeuillée, tournoies indécise autour de leur repos, et verses à leur chevet un fondant hommage de flocons, une brassée de plumes, de fleurs, de joyaux immaculés que dissout, comme l’apport d’un songe, la première atteinte du jour. “
Colette – Le Voyage Egoïste
merci Robert Doisneau, pour cette illustration d’une passion ancrée dans notre enfance !